Paradise [libre]

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Message par Feather le Dim 23 Nov - 19:18

Le soleil, filtré par une végétation qui reprenait ses droits, formait de petits motifs chauds sur les pierres de ce reste de bâtiment inconnu dont tout le monde avait oublié l’existence. Il n’en restait vraiment plus grand-chose, plus qu’un simple mur peut-être et le carrelage salis d’une pièce couvert d’herbe par-ci par-là. Des pierres perdues un peu partout aux alentours, des bouts de verres traîtres, des meubles défoncés, du béton en poussière, il y avait eu de l’activité humaine avant ici, maintenant il n’y avait plus rien à peine de quoi s’abriter du vent derrière un muret muni d’une ouverture où autrefois il y avait une fenêtre. Un petit carré lumineux grossissait de plus en plus avec le lever du soleil tandis que la végétation remuait paisiblement sous le vent. Arbres, fleurs, herbes, tout ceci purifiait l’air pollué et cet endroit aurait presque pu être un paradis sauvé à l’écart de ce monde apocalyptique.
Presque, le problème était que ce lieu était vraiment trop petit pour y vivre éternellement. Les rongeurs avaient à peine la place pour eux et se seraient entretuer pour une graine, même les insectes ne pouvaient y demeurer. Pourquoi ? Zone toxique ? Ce paradis n’était qu’une place traîtresse pour entourlouper les âmes qui avaient besoins de tranquillité, de repos ? Non, le vent nettoyait l’air et la végétation le purifiait, elle était simplement… trop petite. Une île rattachée à une île, un débris de débris, elle était bien pour le repos d’un soir, le sommeil d’une nuit, les réflexions d’une journée.

Carbone était venu ici la veille, simple exploration habituelle, il n’y avait jamais de but dans ses directions, aucun objectif, il était comme les graines portées par le vent ou bien… comme ces gaz toxiques qui envahissaient certains espaces. Il était dans ces gaz et il pouvait vivre dans leurs airs, il était une créature de ce monde, un enfant engendré pour le parcourir et c’est ce qu’il faisait tous les jours, toutes les nuits, tout le temps. Cependant Carbone était aussi un être vivant, parfois il devait s’arrêter pour manger ou boire ou encore dormir comme ce le fut le cas la veille.

Lorsqu’il était arrivé sur ce bout de bout d’île, c’était simplement par curiosité au début mais avec la nuit tombante, dormir ici semblait devenir une bonne idée. Au départ, la jeune bestiole pensait simplement se reposer les pattes, à l’abri du vent derrière ce bout de mur avec les étoiles pour ciel. Il pensait repartir dans peu de temps mais finalement, le sommeil l’avait gagné et Carbone était tombé dans les bras de Morphée.

Le jeune bestiaux avait tendance à souvent s’endormir comme ça par inadvertance, heureusement pour lui qu’il préférait se poser à chaque fois dans les endroits calmes et tranquille car ainsi, il était en proie à tous les prédateurs alentours sans pouvoir réagir à temps pour s’éloigner. Carbone fut réveiller par les rayons de soleil qui attaquaient peu à peu la route de ses yeux, coupant court au sommeil avec ou sans rêves. L’animal ouvrit les yeux, sa tête était allongée sur le sol poussiéreux, ses pattes un peu repliées sous lui-même, position instinctive pour avoir plus chaud. Bâillement sans même se relever, Carbone avait le réveil difficile. Il se releva lentement, s’étira, remuant sa queue pour chasser les saletés de la longue touffe au bout, recula de quelques pas pour revenir complètement à l’ombre puis il se recoucha avec un soupir traduisant toute la flemme du monde. Il était bien ici, il n’y avait rien pour venir le déranger, il faisait bon, le temps était beau  et la journée à peine commencée. Il repartirait quand la vie aura pris un peu plus d’activité, pour l’instant il faisait la larve à l’abri tel un adolescent le week-end. Le sommeil cependant n’était plus là alors il se contenta se mettre sur le dos, virant d’un coup de tête ses mèches de devant les yeux, le museau regardant les branches et le ciel, le vent frôlant son ventre. Ce petit bout d’île trop petit pour y vivre était tout de même bien agréable. Carbone ne comprenait pas bien ce que certains enviait à cet ancien monde qu’il ne connaissait pas. Celui-ci n’était-il pas bien ? Carbone l’aimait beaucoup pourtant et il se disait qu’il le protégerait jusqu’au bout.
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Message par Invité le Dim 23 Nov - 20:51

Les premiers rayons du soleil n'eurent point raison d'elle. Cela faisait un moment que la bête noire était debout, son regard sang balayant le monde. Le coin où la bête se trouvait semblait ne pas avoir connu de catastrophe, pourtant la nature avait encore quelques droits. Puis l'air était encore assez pur pour être respirer. Les griffes de l'animal noir raclèrent les briques du mur sur lequel elle était. Elle était couchée dessus depuis la moitié de la nuit environ, seulement jamais le sommeil ne lui avait rendu visite alors elle était restée là, ne désirant point bouger de peur d'attirer des prédateurs nocturnes, chose dont elle n'avait pas envie ces derniers temps. Après tout, la louve noire était calme depuis plusieurs jours, cela lui suffisait et l'envie de changer d'humeur ne lui plaisait pas. Cela l'énervait et lentement elle sentie sa colère prendre le dessus. Un sentiment qui chez d'autre pourrait être décrit, mais qui chez elle ne pouvait être décrit, c'était un mélange complexe puisque que la bête noire semblait parfaitement calme pourtant intérieurement c'était une autre guerre. Son unique œil se ferma, laissant place a un monde noir et la louve se concentra légèrement et peu à peu les sons lui parvinrent, les odeurs emplirent son museau, l’enivrant... Cependant, parmi toutes les odeurs, l'une semblait plus proche, plus présente, plus dangereuse, si bien que doucement les poils de sa fourrure se hérissèrent et ses babines se retroussèrent et si elle aurait pu grogner, un grognement digne d'un mâle serait sortie de sa gueule. Pourtant aucun son ne sortit de cette bouche pleine de crocs acéré.
Puis il y eut ce son... Un souffle. Léger comme presque endormie, puis ce souffle s'éveilla, devint plus fort, si proche. Trop proche. Ce fut donc d'un coup que la louve se retourna, seulement le mur était déjà instable, et sous le poids de la louve, il l'était devenu encore plus alors les briques s'écroulèrent, emportant dans un bruit assourdissant la bête noire.
Pourtant, au moment où elle tomba, alors qu'elle s'attendait à s'écraser contre la terre dure, ce fut quelque chose de moelleux avec quelques endroits durs, qui l’accueillit. Ainsi, la louve tomba sur le flan, et légèrement sonnée elle resta un temps les yeux fermés. Quand  elle les rouvrit, ce fut le noir qui cette fois-ci lui la salua, un noir bien étrange d'ailleurs puisqu'il lui rentra dans l'oeil, et de son autre œil, elle ne voyait rien, c'était normal après tout, la plante qui sévissait en elle la dévorait, et l'unique fleur qu'elle connaissait bloquait sa vue de son œil gauche. Puis la jeune essaya de bouger, sans succès, elle se douta que les briques du murs s'étaient autant éparpillés autours d'elle que sur elle. Alors, en forçant sur ses pattes avant, écrasant au passage la chose molle dessous,  la bête noire se souleva, fit tomber les briques sur son dos, ouvrant la bouche pour gémir un son inexistant. Son œil s'était fermé et son visage reflétait dès à présent une bien belle douleur.
Une fois qu'elle s'écarta, elle découvrit sur quoi ou plutôt qui elle était tombée : une étrange bestiole noire, fine et élancée qui était sur le dos.
Pourquoi cet idiot se trouvait là ?
La jeune louve qui était calme l'instant d'avant était dès à présent emplie de colère, elle montrait les crocs et se retenait de mordre, de secouer et de saigner l'être qui se trouvait là. Elle voulait voir son sang couler dans le carrelage sale, les lambeaux de chair tomber de cette île... Pourquoi ? Juste parce qu'il avait eut le malheur de se trouver sous elle au moment ou elle était tombée. La louve aurait largement préféré tomber sur la terre et se casser encore plus les os que de tomber sur une bête sortie de nulle part ! De plus, elle ne l'avait même pas vu, il n'était pas là quand elle était grimpée sur ce pan de mur restant afin d'échapper à des prédateurs qui l'avaient suivis la veille et elle n'avait même pas fermé l'oeil de la nuit alors comment elle avait pu ne pas le voir ?
Vraiment, sa colère était en train de la dévorer, et elle s'en moquait.
Aika venait de changer de caractère.


Dernière édition par Ikari le Lun 24 Nov - 21:21, édité 1 fois

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Re: Paradise [libre]

Message par Feather le Lun 24 Nov - 21:08

Carbone retombait peu à peu dans les bras de Morphée ainsi allongé sur le dos, bercé par le son des feuilles buissonnantes, le vent soufflant dans son pelage, l’air nettoyé de toute odeur de pollution. L’animal aimait les choses simples, peut-être était-ce parce qu’il ne connaissait pas les compliquées. Il se contentait de ces moments calmes, du paysage de ses longues marches, de ces coins tranquilles. Il aimait penser être seul dans cet univers, seul avec les plantes, si seulement il n’avait pas à avoir à chasser, il n’aurait pas à être confronté à d’autres êtres vivants que les végétaux. Les rongeurs, les oiseaux et les insectes étaient supportables pourtant, il pouvait bien cohabiter avec, ça ne le dérangeait pas mais pour ce qui était plus gros… Carbone ne comprenait pas ces hommes qui se battaient entre eux en espérant survivre, ils ne semblaient pas comprendre que c’est ainsi qu’ils se tuaient. Il ne les comprenait pas pour avoir peur de ce monde, pour le trouver hostile, ils le blessaient par leurs actes, s’agglutinaient dans leurs logis de bétons au lieu de s’ouvrir au monde. Peur… c’était ce qu’on lui soufflait mais il ne comprenait pas. Peur de quoi ? Pourquoi avoir peur ? Incompréhensible, c’était peut-être ça la vie en société, condamné à avoir peur, peut-être était-ce les autres qui effrayaient. C’était pareil pour les animaux, s’ils vivaient en groupe, ils semblaient craindre les plus forts mais suffisait-il pas de les éviter ? Il y avait beaucoup de chose à apprendre, Carbone en connaissait bien trop peu pour avoir des avis concrets. Il soupira, finissant par fermer complètement les yeux, le soleil regagnant peu à peu sa conquête, lui chauffant le pelage.

La bestiole gris foncée fut alors un peu dérangée lorsqu’elle sentit un peu de poussière de pierre lui tomber sur le museau, mais ça ce n’était rien, vraiment rien comparé à la suite. Carbone ouvrit de nouveau ses yeux, un peu aveuglé par le soleil mais soudain ce fut une ombre qui lui arriva dessus. Une ombre bien trop rapide pour qu’il est le temps de réagir, d’ailleurs il prenait seulement conscience qu’un truc lui tombait dessus qu’il se retrouvait écraser par un poids ou plusieurs d’ailleurs. Le souffle coupé, à moitié sonné, il lui fallut un moment pour se rendre compte que c’était un truc vivant qui venait de lui tomber sur le coin de la gueule. Ouais, c’était un animal, ça avait des poils et il pouvait sentir une autre respiration en plus de la sienne. Le temps qu’il prenne une décision sur comment se dégager de là, l’autre bestiole en avait déjà trouvé une, l’écraser encore plus pour se relever. C’est qu’elle faisait mal l’autre boule de poil, Carbone avait l’impression que ses organes allaient lui sortir par la gueule tellement l’autre les lui compressait.
Finalement, l’inconnu finit par s’écarter de lui, libérant ainsi le pauvre bestiau gris qui en avait encore le souffle coupé de cette rencontre trop brutale pour lui. Quittant la position allongé sur le dos pour faire face au sol, l’arrière train encore en mode patate et les pattes avant droites mais formant un angle large, Carbone toussa, libérant ses poumons de l’étouffement. Il avait aussi envie de vomir mais n’ayant rien dans l’estomac, ce ne fut que quelques gouttes de salives qui s’écrasèrent sur le sol tandis que l’animal reprenait la fonction de tous ses membres. Il finit par se relever complètement, tester bien que tout marchait encore comme il le faut chez lui, terminant par remuer sa grosse touffe de poils à la queue.

Le regard de Carbone finit enfin par se tourner par la bestiole inconnue. Un loup, avec une fleur dans un de ses yeux. Un loup fleur ? Original, la bestiole grise ne savait pas que cela pouvait exister. D’ailleurs, il était beaucoup plus occuper à regarder ce mystère de la nature, se demandant bien comment le mélange était possible que de s’occuper du comportement du canin. Il finit au bout d’une trentaine de seconde à ce dire que l’autre pouvait potentiellement être dangereux. Crocs dévoilés, air qui ne semblait pas des plus amical mais aucun son, n’importe qui aurait pu réagir sur la défensive, essayant de se montrer encore plus menaçant ou s’écraser et s’enfuir. Sauf que nous avons affaire à Carbone, dans sa petite tête, tout ne fonctionnait pas correctement il ne parvenait pas à évaluer la situation pour le moment. Il se contenta de se rasseoir, fixant l’autre loup avec un air complètement blasé.
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Re: Paradise [libre]

Message par Invité le Lun 24 Nov - 22:28

Une fois l'autre relevé, la louve remarqua le regard qu'il eut et bien sûr, elle l'interpréta mal. Pour la boule de poil noir, il était en train de la juger, il l'examinait trop , beaucoup trop à son goût. Cela la mettait mal à l'aise, un étrange sentiment lui nouant l'estomac qui pourtant laissait place à un sentiment de colère encore plus intense. Pourquoi fixait-il son œil ? Pourquoi était-il ici ?
Soudainement, Aika se mit dans une position d'attaque, après tout, il venait de bouger, un acte menaçant pour la louve. Seulement l'étrange bête sembla préférer s'asseoir, un air totalement détaché sur le museau. Cette fois-ci, c'était de trop. Le feu qui faisait déjà rage en elle reçu de l'essence, si bien que par la logique des choses, il éclata, il explosa tel un magnifique feu d'artifice pourtant dangereux si l'on se trouve à proximité...

Ainsi, la louve bondit sur l'être vivant sur qui elle venait de tomber quelques minutes auparavant, les crocs visant immédiatement le cou pour mieux le tuer si un combat se déclencherait. Sentant ses pattes, ses coussinets s'enfoncer dans les poils avant de toucher la peau pour finir par le pousser contre le sol, les pattes de chaque côtés de la tête de l'animal gris-noir, son regard rouge sang était dur et haineux, planté dans celui de l'autre bestiole. Aika savait aussi qu'elle perdait toute crédibilité à cause de son problème, elle ne pouvait grogner. C'était pour cette raison qu'elle devait se montrer dominante d'une autre manière, pour elle s'était la violence.

Tue le, tue le ! Tu dois le tuer, l'étriper, lui faire la peau, le dépecer ! Détruit le, réduit le à néant !

Son œil se ferma, figeant un court instant son visage dans un expression de douleur tandis que si elle en avait eut les moyens des grognements auraient repris leurs libertés. Néanmoins, ce ne fut que des brûlures à la gorge sans donner aucun résultat.
Ces voix, encore. Ces voix étaient les siennes. Aika les haïssait autant que ce monde.

Tue Aika, tue.
Non ne le tue pas, manipule le, sers toi de lui !

Une brique tomba, une dernière, et juste sur sa tête. Ce qui eut pour occasion de bien l’assommer mais aussi de la rendre tout d'un coup calme, et si une aura aurait pu se former autours d'elle, elle serait passer du noir au blanc. Ainsi, la boule de poil réalisa ce qu'elle était en train de faire, ou plutôt, ce qu'elle allait faire. Puis, voyant aussi sa position par rapport à la bête, qui elle l'avait remarqué, était un mâle, Aika s'éloigna d'un léger bond, libérant la bestiole. Puis elle s'assit. La louve noir fixa de son unique œil la personne sur qui elle venait de tomber. Attendant les réponses à ses questions muettes.
Oui, encore le changement.

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Re: Paradise [libre]

Message par Feather le Mar 25 Nov - 21:12

Carbone finit par comprendre au bout d’un moment qu’il valait peut-être mieux se méfier de l’autre créature. Il les avait déjà vu, ces bêtes qui lorsqu’elles ne se connaissaient pas, avaient plus tendance à établir directement des règles agressives. Mais lui, il ne voulait pas vivre en société, il ne voulait pas recroiser ce canidé plus tard, il n’avait donc pas besoin de position hiérarchique non ? De règles sur le territoire ? Il n’avait pas de territoire ou du moins le sien était immense, le sien comprenait toutes ces terres, tous les territoires de tout le monde car il devait protéger ce monde, car il en était le gardien. Sinon, il ne serait pas en vie à ce moment n’est-ce pas ? Sinon il n’aurait pas à exister ? Il n’aurait pas l’avantage de survivre à ces poisons qui tuaient les autres ?

Enfin, le temps qu’il évalue la situation et comment interpréter l’état de l’inconnu, la situation s’évalua toute seule comme une grande avec réaction de l’autre bête noire qui sauta sur Carbone, tout crocs dehors. De nouveau il eut le souffle coupé, littéralement fauché par le loup, il tomba sur le dos, sa colonne vertébrale appréciant moyennement le choc contre la pierre et son crâne encore moins. Il se retrouvait sous l’autre animal, en position plus que critique, là il fallait être vraiment con pour ne pas comprendre que l’autre était dangereux. Oreilles en arrière, museau un peu froncé pour laisser un début de canine se découvrir, Carbone n’était pas aussi effrayant que l’inconnue. Il donnait même l’impression de ne pas être vraiment prêt pour riposter et se défendre et pourtant… Déjà il prévoyait la suite, le tout était de protégé les zones sensibles et de se sortir de ce mauvais pas. Il ramena ses pattes arrière, les positionnant de façon à pouvoir propulser l’adversaire plus loin et ainsi se libérer, le reste devrait être rapide, il devait absolument se retrouver de nouveau debout.

Son dos était assez douloureux et sa tête tournait, il était assez mal retombait mais c’était supportable, juste assez inhabituel. Carbone ne s’était pas beaucoup battu jusque-là, il avait toujours habilement évité toute rencontre avec les autres, ou du moins avait réussi à ne faire que les croiser, jamais il n’y avait eu autant d’échange jusqu’à maintenant. Enfin niveau échange… la fleur ne faisait aucun son, c’était peut-être normal, les plantes étaient si silencieuse… Les pierres moins, celle que la bestiole noire se prit sur la tête fit un bruit typique de chute et de rencontre avec un obstacle, quoique en version étouffer, les êtres vivants étaient plutôt mous. Elles avaient surtout la bougeotte aujourd’hui, elles avaient un peu trop tendance à tomber. Cela sembla perturber le canin qui passa de l’expression assez agressive à celle… Pas agressive ? Carbone n’en savait rien, il sentait juste qu’il y avait moins à craindre à ce moment précis.

Comme pour confirmer, l’agresseur se retira d’au-dessus de lui d’un bond. La bestiole grise n’attendit pas le déluge pour se relever, déjà il était debout et dans le bon sens, sa queue s’agitant, signe de nervosité dû au fait qu’il n’était pas capable d’évaluer correctement cette nouvelle situation, son plumeau de poils dansant selon les mouvements. Carbone n’avait plus les oreilles rabattues, ni même son début de croc visible mais il restait très méfiant, fixant le loup noir de ses yeux jaune. Cette fleur était dangereuse, peut-être car elle était animale aussi. Ce n’était pas comme du poison ou des épines, c’était… ça bougeait, ça pensait, il fallait toujours interpréter, ce n’était pas facile.

Carbone décida qu’il valait mieux ne pas faire de vieux os ici et sauta avec agilité sur le reste du mur, contrôlant parfaitement l’équilibre sur les pierres. Il suffisait d’un dernier bond et il était de l’autre côté, fuir ne serait plus un problème, les falaises menant à l’île n’étaient pas très loin, Paradise était un lieu vraiment petit. Perdre un poursuivant n’était pas trop difficile lorsqu’on pouvait accéder à des endroits plus restreints pour d’autres. Mais voilà, Carbone ne disparut pas derrière le mur, il ne partit pas s’enfuir dans les falaises laissant le loup fleur derrière lui. Non Carbone était curieux et cette créature était curieuse. Elle était dangereuse mais plante et animal en même temps, l’animal gris n’avait jamais vu ça auparavant.

-Qu’es-tu ?

Sa voix brisa le silence, coupant le vent. L’autre n’avait pas encore émit de son, l’endroit avait finalement presque toujours été silencieux. La voix de Carbone était assez calme, peut-être encore juvénile, n’ayant presque pas de tonalités graves. Il y avait tout chez lui qui faisaient qu’il était loin d’être impressionnant. Ça n’avait jamais été son objectif de toute façon.
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Re: Paradise [libre]

Message par Invité le Mer 26 Nov - 14:25

Elle le regarda se mouvoir, s'élancer pour commencer à s'enfuir. C'était une réaction tout a fait normal après sa saute d'humeur. Enfin, c'était plus qu'une simple de saute d'humeur, cela, Aika le savait très bien mais elle ne pouvait s'empêcher de changer soudainement de caractère comme un bipolaire pourtant c'était plus fort, la louve ne pouvait lutter contre cette partie là nouvellement découverte. Seulement il y eut un retournement de situation, quelque chose auquel la bête ne s'y attendait pas : la question de la bestiole presque noir.
D'une part car Aika pensait qu'il allait partir sans demander son reste, déjà qu'elle ne le connaissait pas de la meute vivant dans les environs qu'elle rejoignait parfois quand elle était de passage.
Néanmoins, la question gênait la louve aussi car elle ne pouvait plus parler, ses cordes vocales la brûlaient dès qu'elle essayait et même si elle voulait continuer, plus aucun son ne sortait de sa gueule. La voix de la boule noire avait bel et bien disparu, plus jamais elle ne lui reviendrait. De plus, la question était étrange « qu'es-tu ? »... Depuis quand posait-on cette question à un inconnu ? Sans aucun tact ni rien d'ailleurs, c'était un peu vexant d'ailleurs, surtout que cela ce voyait, elle était une louve. A moins qu'il ne parlait de son œil fleurit, ce qui braqua un peu l'animal maudit d'ailleurs, était-ce de sa faute si elle avait une plante qui germait en elle ? N'avait-il jamais vu d'autres animaux qui avait des atrocités ?

Cherchant le regard du mâle, Aika ouvrit la bouche, essaya de parler mais comme elle le savait et elle s'y attendait, aucun son ne s'échappa. Seulement des brûles dans la gorge. Puis elle referma la bouche, ne bougeant point de sa position assise et regardant sa nouvelle rencontre par dessous comme il avait décidé de faire le félin en se mettant sur un pan du mur. D'ailleurs, à force de le regarder comme cela, elle allait sûrement s'attraper un torticolis. Génial...
Enfin, Aika avait montré qu'elle n'avait plus le droit de parler, s'il ne comprenait pas, alors c'était sûrement un idiot fini.

La louve tourna la tête aussi pour cacher son œil fleurit même si la fleur était assez conséquente, et c'était désagréable de devenir une bête curieuse. C'était même légèrement énervant, cependant Aika devait canaliser cette énergie, canaliser les voix qui lui murmuraient doucement de sauter à la gorge de l'animal et de planter ses crocs dans la chair qui l'attendait patiemment jusqu'à ce que le sang ne quitte définitivement le corps de cet étrange animal. Les voix voulaient la mort. Encore et toujours. Plus.
Voulant échapper aux chuchotements incessant, sa tête se secoua vivement, faisant d'ailleurs tomber du pollen sur le sol. Tiens, c'était rare cela. Néanmoins, ce qui était moins rare, c'était le sang qui coula avec avant de s'écraser dans un bruit que seul la louve au sens développé entendit. C'était bien sa veine, elle n'avait aucune envie que l'inconnu ne voit ça. Ce qui l'incita ainsi à carrément tourner le dos et a essuyer le sang sur le sol avec sa grosse patte. Elle se demanda aussi pourquoi elle restait ici, le soleil était debout et le vent lui apportait le martèlement des pattes galopantes de ses assaillants de la vieille. Des animaux qui transpiraient la haine et la faim.
Ils se rapprochaient.
Ils sont proches.

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Re: Paradise [libre]

Message par Feather le Sam 29 Nov - 11:05

Carbone attendait la réponse, toujours perché en haut de son mur de pierre, trônant l’autre bête de sa hauteur, le vent lui ébouriffant légèrement le pelage, les rayons du soleil lui chauffant la peau, la longue queue souple se mouvant t tel un serpent. L’animale fleur ouvrit la gueule pour ne prononcer aucun mot, comme s’ils étaient bloqués dans sa gorge. Alors il ne parlait ? Il ne pouvait pas ? Ou alors il ne le voulait pas ? Peu importe, Carbone s’était un peu attendu à cette possibilité, les plantes étaient si silencieuses, ce n’était pas parce qu’elles étaient mélangé à une créature mouvante qu’elles allaient en perdre leur qualité.

Fixant toujours la bête végétale, comme s’il espérait encore recevoir une réponse, il fut assez étonné lorsqu’elle fit…dos à lui. Carbone avait beau être vraiment nul sur le plan social surtout lorsque c’était pour interpréter les gestes des autres, il avait bien vu mainte et mainte fois qu’il ne fallait pas tourner dos à une autre créature ou alors il fallait courir plus vite qu’elle. Cela aurait étonné l’animal gris que ce loup plus fort que lui certes, soit aussi plus rapide alors que lui avait un corps assez long et fin tout comme d’assez longues pattes lui permettant une certaine vitesse en cas de besoin. Oui, c’était bizarre que l’autre lui fasse dos ou alors il pensait certainement que Carbone ne pouvait tout simplement pas être un danger potentiel. La bestiole grise n’en fut pourtant pas le moins du monde vexé. Il était évidant qu’il risquait d’avoir beaucoup de mal à abattre le canidé s’il l’attaquait, de plus, Carbone n’était pas vraiment dans ce genre-là donc niveau danger, l’autre ne risquait pas grand-chose.

Un élément cependant mis l’animal gris en alerte : l’odeur de sang. Il ne savait pas d’où elle venait exactement, étant peut-être un peu trop légère ou inattendue mais il savait que c’était proche. Rien que cela mis tout le corps de Carbone en alerte, oreille dressées, pivotant au moindre bruit, le regard oubliant presque le loup fleur pour surveiller les alentours, humant l’air cherchant la moindre odeur suspect. S’il avait longtemps manqué de prudence pendant cette matinée, l’instinct se réveillait enfin. L’odeur de sang était proche, c’était assez étrange. Ne voyant pas à cause de la présence du loup l’origine, l’animal gris ne pouvait savoir que cette odeur venait de l’inconnu lui-même. Autre élément qui poussa Carbone à se méfier : la propre méfiance de l’autre animal qui semblait déceler quelque chose que lui ne pouvait encore percevoir.

La bestiole grise vit certainement du mouvement inhabituel avant tout le reste, c’était suffisant pour décider à partir. Ce n’était jamais bon de rester trop longtemps au même endroit, lui y avait passé la nuit et une bonne partie de la matinée, c’était bien trop ! Se doutant que le danger potentiel passerait par le chemin le plus accessible à Paradise, Carbone sauta du mur se retrouvant de nouveau à la même hauteur que le loup, à quelques mètres de lui. Il fixa une dernière fois la bête fleur puis de quelques bonds rapides, il s’éloigna de son ancien lieu de repos pour rejoindre un chemin menant aux bordures de falaise séparant cette mini île à la plus grande. Peut-être l’autre devait-il fuir aussi ? Boaf, s’elle le voulait, la créature noire pourrait toujours le suivre. Certes les chemins qu’allaient utiliser Carbone n’était pas très simple pour tout le monde mais pas insurmontable. L’animal gris ne faisait déjà plus attention à l’inconnu, ses pas quittèrent l’herbe douce pour les pierres et d’un saut il commença l’ascension des chemins étroits de la falaise.
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Re: Paradise [libre]

Message par Invité le Sam 6 Déc - 22:01

Il partait. Laissant place au vent et à la solitude, laissant place à la légère chaleur d'une zone encore pure. Pure oui, mais pour combien de temps ? Le vent portait souvent les messages des autres, maintenant, il portait ces nuages noirs et toxiques, ces nuages de mort. Une mort qui s’immisce en vous et vous dévore, vous tord les organes, les tripes, les boyaux jusqu'à vous les faire vomir. Une mort qui déchire votre corps de l'intérieur, qui vous ronge peu à peu les os pour ne laisser qu'un amas de chair derrière.
Ces nuages apportaient la mort, la mort était le poison, la toxicité du vent, vent tuant sur son passage la vie, la faisant pourrir et dépérir, assassinant les plantes et les plus faibles, ce dont le corps et l'esprit n'étaient déjà plus à leur naissance. Ce monde n'était qu'une guerre entre la nature et les créations monstrueuse des humains qui en se détruisant avaient finalement crée une nouvelle arme : l'air toxique. Ainsi, les animaux et même les humains subissaient les conséquences. D'ailleurs, depuis quand n'avait-elle pas vu non plus d'humain ? Cela faisait un long moment...
Revenant à la réalité, Aika décida de ne pas suivre le jeune mâle. C'était une mauvaise idée, elle n'était pas taillé pour une telle agilité, une telle souplesse. Non, Aika avait la carrure d'un bon mâle avec des traits féminins. Alors elle préféra utiliser le chemin qu'elle avait emprunté pour arriver, c'est à dire des rochers flottant assez espacé, il fallait faire de long sauts mais ce n'était pas un problème. L'île, beaucoup plus faste, qu'elle rejoignait empestait l'odeur de ses assaillants, et encore une fois, La question germa dans son esprit : Devait-elle réellement vivre ?
Depuis la catastrophe, cette question naissait sans arrêt. Elle insérait le doute dans son esprit et la pauvre louve ne savait jamais si finalement arrêter de se battre et tout abandonner, les voix lui hurlaient non, qu'elle était celle qui devait détruire ce monde, détruire les autres et surtout... Détruire cette nature qu'elles trouvaient atroce. Ces voix voulaient seulement que le poison l'emporte sur la nature.

Tellement insignifiante.
Quelqu'un pleure-t-il sur cette Terre ?


Elle avait tant envie de leur hurler d'arrêter, son sang bouillonnait, taper contre les parois de ses veines, artères, son cœur semblait faire vibrer l'unique fleur blanche. La colère peu à peu... Caressant doucement son pelage pour mieux la posséder, essayant de la rassurer pour mieux prendre possession de son corps.
Non, Aika ne laisserait pas la haine prendre le dessus. Elle n'était pas ce genre de personne à double caractère, elle ne voulait pas être ce genre de personne, elle ne l'était pas. Elle ne l'était pas. Elle ne l'était pas.
Inlassablement, elle répétait ses mots dans sa tête, la boule noir aux griffes ivoires ne voulait pas être victime de ces voix, elle ne voulait pas que son esprit soit plié, brisé, meurtrie à cause d'elle. Elle ne voulait pas que les lianes de la plantes ne resserrent encore leurs prise autours de ses organes, les compressant jusqu'à ce qu'elle n'ait envie de vomir. Jusqu'à ce que sa gorge sèche la brûle tant elle veut extérioriser sa douleur. Mais non, Aika était le silence, toujours seulement à ce demander si son cœur bat ou si ce n'est pas la photosynthèse de la fleur qui la tenait en vie.
Finalement, la louve ne savait pas si la vie coulait encore dans ses veines ou si son cœur était tout simplement devenue cette plante la hantant.

Es-tu vivante...
Ou es-tu morte ?


Le voix riaient en elle, elles se moquaient de la pauvre bête maudite et empoisonnée.
L'une de ses pattes frappa le sol et d'un coup, la louve partie en galopant, les odeurs des ennemis se rapprochant dangereusement, pouvant faire tanguer la vie qu'elle n'avait peut-être déjà plus, vers le mauvais côté du gouffre. En d'autres mots, vers un futur ou son corps serait inerte, tachait par le sang et déchiqueté. Dévoré par les uns, rongé par les charognards et les plus faibles.
Soudainement, ses oreilles se redressèrent et un virement inattendue se produisit. Ses ennemis avaient changé de direction. Alors que l'animal aurait pu s'en réjouir, ce fut l'effet inverse qui se produisit : grâce à ses sens, elle avait senti la direction qu'ils avaient finalement pris, et ce n'était autre que la direction menant à l'odeur de la fine bestiole de cette matinée à peine commencé. Ne sachant point pourquoi, et sous le râlement des deux voix vivant dans son esprit, Aika fit demi tour, martelant le sol de ses puissantes pattes. Les poumons douloureux à cause de courir mais la louve n'allait pas laisser et ne laisserait jamais quelqu'un derrière elle. C'était ça Aika, elle était ça, elle n'était pas la mauvaise partie. Elle n'était pas agressive et aussi barbare que ce groupe d'animaux affamé.
Elle n'était pas cela, elle pouvait bien être morte, empoisonnée, elle était un mélange d'animal et de plante mais elle était sûre d'une chose : elle n'était pas mauvaise.

Elle s'élança et sauta sur le premier animal qu'elle vu : un loup plus grand qu'elle, gris au pelage sale , un œil blanc, l'autre remplie de rage. Un bout de queue manquant et des pattes tout aussi puissantes que celle de la femelle. Il semblait vieux mais en même temps, il dégageait une force, une présence imposante.
Sans prendre attention des autres, Aika engagea et mordit férocement l'épaule de ce loup tandis que ce dernier ripostait d'un coup au collier avant d'essayer de la repousser pour l'entailler, telle une lame remontant le corps alors qu'elle est encore fichée dedans.
Ils étaient trois, elle en avait un et les deux autres essayaient d'avoir la bête noire au corps élancé.
Aika ne perdrait pas. Elle ne laisserait pas quelqu'un mourir devant son œil, elle ne laisserait pas quelqu'un se faire dévorer par des animaux ayant perdu la tête comme elle.
La louve était comme eux, mais son caractère était différent. Elle était trop bornée.

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